Le sabbat Imbolc symbole de renouveau, représente un temps de nettoyage et de purification avant l’arrivée du printemps. C’est au cœur de l’hiver, lorsque la terre est encore gelée mais que des signes annonciateurs du printemps se font sentir, que se fête Imbolc.

Dans un précédent article je t’ai parlé des Sabbats et de la Roue Solaire. Si tu ne l’as pas lu je t’invite à aller le lire afin de mieux comprendre ce qu’est un Sabbat. Il existe de nombreux mythes et traditions liés à Imbolc. Dans cet article, je vais te retracer une partie de son histoire, en m’appuyant sur le livre « Imbolc » de Carl F. Neal (Éditions Danaé).

Aux origines d’Imbolc

Imbolc est un sabbat dit majeur qui se célèbre le 1er ou le 2 février dans l’hémisphère nord et le 1er ou le 2 août dans l’hémisphère sud. La tradition païenne veut que sa célébration soit plutôt le 1er février ou le 1er août. Il est aussi connu sous les noms de « Imblog » ou de « fête de Sainte Brigid. » Son nom vient du gaélique qui signifie « dans le ventre. »

Les hivers d’antan

Pour comprendre la signification d’Imbolc pour nos ancêtres, il faut imaginer la vie sans le confort moderne. Pas d’électricité, pas de réfrigérateur, pas de chauffage central. L’hiver était une période de défis permanents pour survivre. D’ailleurs la survie de nos ancêtres dépendait de l’abondance des récoltes de l’été, du bétail et du feu pour se réchauffer.

Dans les zones rurales, il était courant de faire entrer les animaux de ferme dans les maisons, et de vivre avec eux pour prendre soin d’eux et pour avoir plus chaud. À l’époque, les paysans étaient entièrement dépendants des cycles de la nature et de reproduction des animaux. Les brebis fécondées à l’automne, commençaient à mettre bas et produire le premier lait frais depuis des mois.

Le froid avait également une grosse incidence sur le taux de mortalité infantile. Bien, qu’Imbolc soit également un temps de naissance pour les bébés conçus à Beltane — au printemps, l’hiver emportait de nombreux nourrissons. Le feu, élément indispensable à la survie, était considéré avec respect et le stock de bois pour la cheminée devait être conséquent pour parer au froid.

Imbolc, la promesse d’un renouveau

Au moment d’Imbolc les brebis agnèlent, les perce-neiges commencent à fleurir et les ours sortent de leur hibernation. La vie se réveille, faisant la promesse d’un renouveau à venir. Le temps d’Imbolc est propice au tri, à avoir des idées nouvelles et à apporter des améliorations sur ce qui existe.

Les déplacements d’antan limités à cause du climat et l’hiver un temps d’intériorisation, font d’Imbolc un sabbat qui se célèbre plutôt dans la sphère privée. Avec le confort moderne, il est parfois difficile d’imaginer ce que représentait Imbolc pour nos ancêtres, et de se relier aux énergies de ce Sabbat basé sur les saisons d’Europe du nord. Cela est d’autant plus vrai selon notre localisation sur le globe.

Traditions et mythes d’Imbolc

Dans la plupart des traditions, Imbolc représente la transition, le changement, la fertilité et les naissances. Cependant le culte les plus développé et le plus marquant est celui de la déesse Brigid. Bien qu’associée à l’Irlande, elle est une divinité importante dans une grande partie de l’Europe Occidentale.

La déesse Brigid symbole d’Imbolc

Chez les Celtes, on célèbre Brigid, la Déesse du feu, du changement et des transformations, de la sagesse, de la guérison, de la créativité et de la naissance. La divinité Brigid revêt les trois visages de la femme : la vierge, la mère et la vieille femme. Si l’on se base sur la définition suivante de la trinité : Réunion de trois personnes qui ne forment qu’un seul Dieu, Brigid représente la Trinité féminine.

Dans les mythes Celtiques on retrouve aussi trois sœurs nommées Brigid. L’une est la déesse du Feu du foyer, l’autre du Feu de la forge et la dernière du Feu de Création et de Transformation. Pour les Celtes, le feu symbolise la transformation. Il brûle tout et oblige à la renaissance ou permet de façonner le fer en le rendant malléable. En Irlande, le sanctuaire de Brigid à Kildare abritait une flamme appelée « Flamme éternelle » qui était gardée jour et nuit.

À Imbolc, on ouvrait toutes les portes et fenêtres. Les femmes se tenaient sur le seuil des maisons pour recevoir les bénédictions de Brigid. C’est à elle qu’on fait appel pour aider aux accouchements. Il était également courant de fabriquer des poupées de grains représentant l’un des trois Visages de Brigid : la Vierge. Quelques fois, ce même type de poupées, étaient fabriquées à Lughnasadh pendant l’été et représentaient Brigid la Vielle Femme. Les poupées des récoltes étaient ressorties à Imbolc et symbolisaient la transformation de la Vielle Femme en Vierge.

Brigid dans le Christianisme

Dans le but de convertir un maximum de païens, l’église catholique s’est approprié de nombreuses fête païennes. Ainsi le culte de Brigid a été transformé en celui de Sainte-Brigitte, née un 1er février. Elle fût la sage-femme de Marie pour la naissance de Jésus, conservant ainsi son lien avec la naissance.

Le sanctuaire de Kildare devient chrétien et est consacré à Sainte-Brigitte. La Flamme perpétuelle est entretenue jusqu’au 16e siècle, lorsque le sanctuaire, jugé païen, est démantelé. Dans les croyances vaudoues, on retrouve une variation du culte de Sainte-Brigitte, importé par les domestiques Irlandais, sous l’appellation de Madame Brigitte.

Imbolc à travers le monde

Au mois de Février chez les Romains, était célébrée la fête de Lupercalia. Débutant le 13 février, elle était donnée en l’honneur du Dieu Faunus — le Dieu cornu à la puissance sexuelle primaire — et de la Déesse Junon — guérisseuse des problèmes de santé féminins. Un rituel de fertilité, consistait à courir avec des lanières de peaux de bêtes sacrifiées et à fouetter des jeunes femmes, croyant qu’ainsi elles seraient plus fécondes et épargnées par la douleur en accouchant.

En Égypte, la déesse Renenoutet, déesse de la protection, des naissances et du grain, était célébrée trois fois par an à chaque changement de saison apporté par le Nil.

En Asie, le nouvel an chinois annonce l’arrivée du printemps, et dure deux semaines. Il débute lors de la seconde nouvelle lune après le solstice d’hiver, soit entre le 21 janvier et le 19 février selon les années. Le nouvel an est un moment d’offrandes aux dieux et au ancêtres, où l’on fait défiler un dragon dansant. Ce dragon symbolise la roue de l’année qui a fait un tour complet.

Les amérindiens également basaient la célébration du temps d’Imbolc sur le calendrier lunaire. Ils vivaient l’hiver comme une période de transition et de changement, faisant parti de la vie. Il représentait une période mystique de l’année, c’est pendant l’hiver qu’avaient lieu les initiations.

Les traditions contemporaines

On retrouve des similitudes avec les anciennes traditions dans la plupart des célébrations actuelles. Certaines ont tout simplement persisté ou ont été remises au goût du jour. Elles ont toutes pour but de fêter le printemps à venir et la promesse de jours meilleurs.

Un moment de tri

En fonction du lieu de vie de chacun et des conditions climatiques qui en découlent, certains célébrants choisissent de déplacer la date de leur célébration. D’autres se relient à la symbolique spirituelle du Sabbat. En réalité la date exacte n’a pas grande importance car Imbolc, comme tous les sabbats, représente une période liée aux rythmes de la nature et des saisons.

Comme abordé plus haut, le sabbat imbolc se célèbre plutôt dans la sphère privée. C’est le moment idéal pour faire du tri en soi et autour de soi afin de se débarrasser de ce qui nous encombre, de dépoussiérer sa maison et ses idées. Ce peut être l’occasion de nettoyer la maison des énergies accumulées pendant une partie de l’hiver avec de la sauge blanche, du Palo Santo ou un bâton de fumigation au romarin ou au laurier. À Imbolc on crée du vide et on améliore pour laisser la place à la nouveauté.

En Europe

La fête de la Saint-Valentin remonte à une célébration de Lupercalia au 3e siècle. Saint-Valentin aurai subit le martyre. Fêté le 14 février, la célébration de ce Saint a fusionné avec la symbolique du festival de Lupercalia, d’amour et de sexualité pour devenir la fête laïque — et commerciale depuis quelques dizaines d’années — des amoureux.

Le culte de Brigid a perduré malgré la tentative de l’église catholique pour le remplacer par Sainte-Brigitte. C’est l’un des cultes qui connaît une renaissance importante depuis les années 1960 avec le mouvement néopaïen. Elle représente la Femme — dans tous ses aspects — et son indépendance.

De nos jours, le sanctuaire de Kildare n’existe plus mais, une ribambelle de nouvelles organisations, ont pris le relais pour entretenir la Flamme éternelle de Brigid près d’autres lieux de culte consacrés à la déesse. Cette tâche serait même une tâche propre aux femmes.

Aux États-Unis

Principalement fêté aux Etats Unis dans certains états du sud, Mardi Gras est le jour qui précède le carême chez les chrétiens. Il est connu pour ses festivités excessives et débridées.

Le jour de la marmotte est une tradition américaine qui se déroule surtout en Pennsylvanie où un terrier de marmotte est observé. Cette tradition a pour origine l’observation des animaux qui hibernent. Le fait qu’ils sortent de leurs abris indiquait le retour proche du printemps. Si une marmotte en sort et qu’il fait nuageux, le printemps est très proche. En revanche s’il fait beau et qu’elle peut voir son ombre, l’hiver durera 6 semaines de plus.

Je suis toujours émerveillée de voir comment les traditions évoluent et perdurent à travers les âges. Les sabbats comme de nombreux cultes sont en réalité bien plus anciens qu’on ne peut le penser de prime abord. Le sabbat qui suit Imbolc est Ostara pour lequel j’ai également rédigé un article. Est-ce que tu connaissais déjà le sabbat Imbolc et ses traditions ? Laquelle te marque le plus ou résonne le plus en toi ?

Nadège •••★

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